Georges Riguet  > Son oeuvre  > Poèmes 

CANTILENE RUSTIQUE


ART LITTERAIRE

BOURGOGNE, SOL JOYEUX...

CE BEAU TEMPS D'AUTOMNE

CHANSON D'ÉTÉ

CHÈRE SOUVENANCE

CIVILISATION

CYCLAMENS

DOUCES RACINES

IN MEMORIAM...

JE CROIS T'AVOIR TOUJOURS CONNUE

L'ÂME DU MORVAN

LA FORET

LA JOLIE RUE

LE BALLON

LE BONHEUR

LE CHEF DE GARE

LE CRAPAUD

LE DOMAINE INCONNU

LE PAYS D'OÙ JE VIENS

LE PAYS NATAL

LE PRINTEMPS QUI S'ÉVEILLE

LES HEURES

LES VIEUX CHEMINS

NOVEMBRE

PAPILLON D'ÉTÉ

PAREIL AU VENT

POUR LES DEFUNTS DE LA PAROISSE

REVE D'ECOLIER

SOIR AU VILLAGE

SUR UN AIR DE VIELLE

Ramage des buissons, musique de l'eau vive,
Jeux du vent querelleur aux portes du vallon,
Parfum de l'herbe et du printemps quand il arrive,
Et vous, coteaux, sous vos chapeaux de paille blonds

Cortège en manteau vert des charmilles feuillues,
Chemins où le silence est le seul compagnon,
Chanson des pigeons blancs sur les tuiles moussues,
Et toi, ruisseau joli qui ne dis pas ton nom...,

Campagne de chez nous, bruyères morvandelles,
Cailloux de la montagne et galets de l'Arroux,
Clocher, sapins, moutons, porche aux nids d'hirondelles,
Hameaux cachés, pays fermé comme au verrou...,

Soleils d'avril sur les châtaigniers centenaires,
Coups de sifflet du merle au faîte du buisson,
Et vous, matins de mai, rivières de lumière,
Lilas épanouis, cerisiers blancs, chansons...,

Moissons au crépuscule, adorable fournaise,
Derniers feux du soleil sur les étangs tiédis,
Voyage des oiseaux dans le vent qui les pèse,
Nuits dans la plaine, et leur tiédeur de paradis...,

Sillons d'octobre..., ô robe d'or des feuilles chaudes,
Brisures de l'azur dans les cieux déréglés,
Pauvre fontaine en pleurs dans le brouillard qui rôde,
Jardins en deuil de tous les bouvreuils envolés...,

O saisons d'autrefois sur les vallons que j'aime,
Mon pays, mon pays, village aux douces lois,
J'entends tes carillons comme ceux d'un baptême
Tout au fond des chemins que je retrouve en moi.

Je n'ai rien oublié, ni le puits, ni la grange,
Ni le mur aux lézards, ni le banc vermoulu.
L'objet le plus banal possède un charme étrange,
Image de bonheurs qui ne reviendront plus.

...Pourtant, je tenterai de fixer cette image,
O mes chers souvenirs, ô mon bel horizon !
Tant pis si le couplet peut sembler d'un autre âge :
Mon pays d'autrefois est ma seul chanson.

 

Secrétariat du Prix : Madame Monique LABAUNE - 17, route de Montcoy - 71670 - Le Breuil