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PAREIL AU VENT
Si glorieux que soit ton rêve,
O voyageur, la mort te suit,
Car, pareil au vent qui se lève,
Le temps s'en va, le temps s'enfuit.
A quoi bon tenter, fol ou sage,
De fixer un instant tes pas !
Rien ne reste d'aucun message ;
Les dieux même ne durent pas.
Rien n'est écrit qui
ne s'efface,
Rien n'a valeur d'éternité.
Quoi qu'on espère ou que l'on fasse
Dans la bourrasque est emporté.
Amour-toujours... Ah, le beau leurre,
Ah, l'exquise naïveté !
Qui peut dire qu'en moins d'une heure
Le fruit ne sera pas gâté !
D'autres songent à des conquêtes...
On veut le monde à sa merci ;
On joue au maître des tempêtes,
On crie, on lutte... On meurt aussi.
Sans qu'il soit besoin de
sentence,
Intrépide ou mal assuré,
Au créneau de chaque existence,
Tout est de longtemps mesuré.
Entre deux nuits, le jour à
peine
S'est-il levé, que tout s'éteint.
Déjà l'ombre a noyé la plaine
Sans promesse d'autre matin.
