Ouvrages publiés
:
- Confidences, Éditions C.I.A.L. 1993 (poésies)
- De la condition d'écrire, Édition
Editinter, 1996 (essai)
- Les sources du ciel, Éditions Saint-Germain-des-Prés,
1997 (poésies)
- La secrète, Éditions Les Ménestrels,
1998 (récit)
- Graffitis, Auto-Edition, 1997 revu et augmenté
1999, (pensées)
- Pontus
de Tyard (1521 / 1605), Editions Hérode 2000 (biographie)
Nostalgie
De vallons en
forêt, dans un décor subtil,
Qu'il fait bon séjourner en ma contrée d'avril
D'une clarté légère et fraîche comme un
songe.
En quête d'harmonie, par besoin d'élégance,
Je reviens au pays de la douce plaisance
Où l'ennui perpétuel est un fieffé mensonge.
D'une humeur enjouée,
faisant fi de tout blâme,
C'est son éternité qui règne sur mon âme
Au jardin des secrets de la Vallée des Vaux
Délicieuse et noble Côte Chalonnaise,
Le récit de mes jours que les tiens comblent d'aise
Se décline en chantant et la gaieté prévaut.
Silencieusement,
du tréfonds de mon cœur,
Quand la plume à la main, d'une pensée de fleur
La rime vient à naître au feuillet virginal,
Monte la mélopée de la terre et du vent.
Complice attentionnée du moindre sentiment
Vallée de mes désirs ta grâce n'a d'égal.
Endroit si pacifique,
fresque originelle,
Sanctuaire magique, frondeur et rebelle
Aux charmes décadents, froids et laids de la ville,
J'ai pour ta compagnie une tendre attirance.
Paradis éloigné de nos chemins de France,
Passant fais une halte et découvre l'idylle
Si ta vie sollicite
un instant de répit,
Saint-Mard t'accueillera en son discret logis.
Village sympathique unissant dans son sein
La montagne abrupte et les sinueux parcours,
Et la verte colline aux amoureux contours
Pour qui chaleur de vivre est l'unique dessein.
Adossé
au seigneur Montabon qu'il honore
Lorsqu'il voile les Vaux du côté de l'aurore
Pour adoucir l'été du soleil la tourmente,
Saint-Mard a ce parfum que l'on trouve en Maraude.
Bourgade printanière aux reflets d'émeraude,
L'audace est un écot, le bonheur une rente.
Dans cet air calme
et frais qui ventile l'esprit,
Ô nobles châtaigniers, protecteurs attendris,
Daignez me recevoir sous vos vastes ombrages.
Le monde est incertain et les mœurs trop navrants;
Aussi quand au jour point tempêtes et grands vents,
Que l'atmosphère aimée se confine à l'orage,
Douillettement
blotti en sa frêle demeure,
L'honnête citoyen patiemment attend l'heure
Où le temps, philosophe, expulsera les larmes
De la terre et du ciel aux confins des absences
Et qu'aux miasmes des passions substitue l'essence
Quiète de l'estime que rien ne désarme.
Enfin l'aube habillée
qu'une aura de mystère
Éveillant en mon cœur la bonté si prospère
De la vie comme aubade à l'endroit de mes jours,
S'en revient courtiser, au plus fort de l'étreinte,
D'un bonheur simple et doux en cette aimable enceinte,
La sagesse louée au fil de mes amours.
Emmanuel Mère