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Présidente du Jury Professeur de Lettres classiques, Sociétaire des Poètes Français, Marie Odile GOUDET a toujours été particulièrement sensible à la compréhension que les anciens mythes méditerranéens ont eue de la vie humaine, dans ce qu'elle a d'heureux ou de tragique, et du potentiel de joie ou de bonheur qu'impliquent les relations entre les êtres. Son premier recueil, "En Marge" paru en 1993, a reçu le Prix Gustave Gasser (décerné par la Société des Auteurs de Bourgogne en 1994, et le Prix quinquennal de l'Académie de Mâcon en 1995. Paru deux années après "Alternance, paroles d'entre chien et loup" (Médaille d'argent de l'Académie de Lutèce, Prix Clovis Hugues de la Société des Poètes Français) offre, autant en vers libres qu'en poésie classique, une grande variété de thèmes entre foi et doute, sagesse et folie, entre l'enthousiasme et la douleur décapante du deuil. Marc Lambron, qui l'a préfacé, nous dit " Ici le savoir est saveur, par la blessure et la compassion. Et chaque ligne sur la page est comme le sillage aéré d'un oiseau perdu " . En 1998, le troisième recueil "Pour un été indien" évoque l'âge privilégié où toutes les mues se sont faites, où les souvenirs supportent la relecture, et où il reste assez de ce dynamisme éphémère qu'on peut encore timidement appeler du nom de jeunesse. Un quatrième recueil "Les chemins qui vont à la mer" doit paraître au dernier trimestre 2000. ABSTENTION Tant le rêche silence a pris de poids en moi que divaguent les mots et leur frêle imposture. Insalubre moiteur des choses confiées ! Au brasier sur les lèvres et aux langues de feu répondra pour écho la densité des pierres. Les aigus de vos cris ont tranché mes deux mains. BOULIMIE
La tête a ses brouillards, et le cœur ses accrocs, Mais l'âge à l'appétit ne met pas de sourdine : Pour mordre à l'univers, ah ! que n'ai-je des crocs ! Car les meilleurs repas sont à l'heure où l'on dîne. Si les sauces parfois semblent trop épicées, Au gourmet délicat qui devient casse-cou, Il lui faut boire autant que de larmes versées, Légitime revanche, et cela fait beaucoup ! Quand le temps est compté se doublent les bouchées, Que la rose soit rouge et le vin gouleyant, Les heures à venir toutes endimanchées, Et les tonalités d'un majeur chatoyant. Il nous faut l'habiller, cette désincarnée, Le seul hôte inconnu dont on sait qu'il viendra Pour fêter en trinquant la peur déracinée Et pour tendre une nappe à la place d'un drap ! CE
MATIN L' HERBE EST FOLLE .....
Ce matin l'herbe est folle, Elle est folle à saoûler, Bacchante aux mille têtes Toutes échevelées. Ecoute l'herbe en fête ! Le ciel change de peau ! Ce matin, l'herbe est folle, Et pour sûr, ma parole ! Le vent y a mordu. Quel beau temps pour courir Hors des sentiers ardus L'herbe est douce à fouler, Point de relents de fleurs, Mais du foin des troupeaux Et des parfums de blé. Jouons au jeu de l' ange ! La neige, c'est trop froid ! Mieux vaut le vert des prés Où comme nous les bêtes Aiment à se rouler. Si le souffle trop court Nous dévore les mots C'est qu'il n'y a rien à dire Et plus rien à crier.... Tombons les bras en croix Comme parfois les hommes Les quatre fers en l'air Comme font les chevaux Ce matin, l'herbe est folle Et pour sûr, ma parole ! Quel beau jour pour mourir !
On
peut trouver les oeuvres de Marie Odile GOUDET chez son éditeur :
Cléa Micro Edition - 25 rue du Docteur Laguesse - 21000 DIJON.
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